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2008/5/7

La psychologie à 5 cennes de mon garde-robe

Ça l'air franchement idiot comme sujet, la psychologie de mon garde-robe [whoa, à noter que pour une fois, mon titre est pertinent vis-à-vis mon texte, faut noter ça en gros marqueur rouge sur le calendrier et dans les annales!], mais je suis certaine, persuadée, je serais prête à brûler ma couronne de pouelle rose et ma collection de sacoches si ce n'est pas officiel, que c'est un genre de tabou inconscient qu'on ne prend pas la peine d'avouer à soi-même...
C'est après avoir ramassé ici et là, insouciante et presque machinale, la multitude de vêtements qui traînent tantôt sur mon lit, tantôt entre mes couvertures en bataille, tantôt sur le plancher, tantôt enfouis sous des sacs et des boîtes de toutes sortes, ou simplement sur ma chaise, rendue informe et non-discernable sous cette housse, ce rembourrage de fortune, n'utilisant que mes facultés cérébrales à des fins tout à fait primaires, soit ' Sale ' et ' Pas sale ', lorsque je me suis mise à analyser chacun des morceaux lancés dans le tas associé à la catégorie ' Pas sale ' afin de décrocher de ma pôle le cintre idéal [matière, taille, type d'accrochage et couleur en harmonie avec ce qui sera déposé dessus... extravagance et satisfaction personnelle oblige...] pour chaque bout d'étoffe, que j'ai constaté que mon garde-robe n'est pas une mince affaire...
Bref, sa constitution est à peu près aussi complexe que de comprendre en long et en large une névrosée maniaco-dépressive ou le discours d'un texan.
 
Rapatriés à l'extrême gauche, il y a ces vêtements que je ne porte que dans des occasions spéciales; en fait, ce n'est pas trop sorcière, ce sont respectivement ma robe-piment et cette courte robe noire, toutes les deux possédant un certain chic... Le hic c'est que, autant vous que moi, nous savons très bien qu'il ne se présentera pas de sitôt d'opportunités particulières où je pourrai revêtir à nouveau ces deux trucs. Oui, les plus libérés et optimistes d'entre vous sont sûrement en train de s'époumoner 'Mais que diable!!!!! Pourquoi attendre qu'une opportunité arrive?!!!! Il faut la créer soi-même, fille!!!!!!', mais je répondrai, en princesse que je suis, que mon surmoi préfère de loin se dénicher une autre tenue éblouissante pour cette prochaine occasion!
Pas très loin de ces robes désuètes malgré elles, il y a cet amalgame de pantalons, chandails, vestes, chemisiers que pourtant, vous ne m'avez pas vu revêtir depuis bon nombre de mois, voir d'année, et peut-être même, voir ne m'avez jamais vu revêtir: il n'y a pas de doute, ils sont facilement repérables, et pire, ils se divisent même en sous-catégories:
Tout d'abord, la catégorie des ' Si... ' 
Si je perds du poids et que je retrouve le summum de la perte de poids que j'avais réussi à atteindre [et bizarrement, c'est toujours là qu'on retrouve le plus d'effectif]... Si j'en gagne... Si je change ma couleur de cheveux pour telle pigmentation... Si je trouve un complémentaire auquel l'assortir...
Ensuite, il y a la catégorie des déceptions post-achat
On y retrouve ces vêtements maudits, qui, en cabine d'essayage, semblaient vous aller comme un gant. Mais une fois rendu à la maison, la voix nasillarde de la critique négative fait fuser les commentaires de partout [et tout y passe, bien entendu: accentuation du derrière déjà assez volumineux, exagération visuelle de la largeur des hanches, effet bedonnant/impression qu'on en est rendu à 5 ou 6 mois de gestation, mise en dévaleur du peu de poitrine, etc..] et probablement par lâcheté, par manque de temps ou simplement parce que vous avez balancé le reçu et les étiquettes au bout de vos bras, bref, ils font l'épave bien que l'espace et la quantité de cintres disponibles se fassent de plus en plus restreint dans votre garde-robe.
Cette dernière catégorie a également une cousine, les acquisitions impulsives
Vous l'avez vu dans la vitrine de la boutique, ça a été le coup de foudre; vous l'avez essayé, mais sans plus, vous étiez tellement aveuglément éperdu de ce morceau qu'en constatant que la grandeur était bonne et que le modèle paraissaît correct, vous vous êtes empressés de le garder en sûreté, comme si c'était une chose précieuse dont votre vie dépendait. Vous l'avez porté une fois, deux fois, peut-être trois, mais sans plus.. Il trône tout de même sur son support, entre les autres vêtements, c'est un peu comme un fauteuil ultra glamour sur lequel vous êtes totalement inconfortable... Vous êtes incapable de vous en défaire, même si chaque fois que vous amorcez une tentative de l'enfiler, vous constatez, par l'intermédiaire d'un miroir, que vous avez l'air soit d'une grosse 'boutch', soit d'une personne qui vient d'enfiler son pyjama et qui s'apprête à dormir, soit d'un spécimen qui s'en va faire un spectacle de magie et de gossage de ballounes dans une fête d'enfant. [Une petite pensée pour mon chandail de John Deere et mon veston fleuri multicolor sur fond noir...]
On ne peut pas non plus passer à côté des vestiges de l'orgueil...
Ah, ces fameux achats que l'on fait, frustrée et amère d'une séance d'essayage interminable où se succèdent sans relâche les 'la grandeur fitt pas' et 'coudon, c'est tu le modèle ou j'suis si disproportionnée et mal foutue que ça?!' puis finalement, vous tombez enfin sur quelque chose qui, sans être bourré d'artifices, convient aux proportions de votre silhouette... C'est comme plus fort que vous, pour apaiser votre orgueil blessé et votre patience souillée, vous l'achetez... pour mieux le laisser prendre tranquillement la poussière parmi vos effets personnels.
Et comment oublier ceux qui persistent grâce à votre côté politiquement correct [hum... du moins, ceux qui appartiennent à cette infime facette de votre personne] !
Oui oui, toi, la veste bleue, qui était auparavant un chandail à col haut, que j'ai tenté de modifier en y cousant une fermeture-éclair, et que ma grand-mère a retravaillé vu le résultat minable de ma créativité... T'es pas à te jeter dans les murs, t'es quand même présentable, mais... t'es ben trop courte pour moi, on dirait que j'ai un pied de tronc de trop pour toi... Et toi, le t-shirt qui ressemble à un haut de pyjama que mes parents m'ont ramené de l'Ouest canadien... Je sais que je ne peux pas te blâmer d'avoir fait l'objet des goûts discutables de mes géniteurs, mais... j'ai pas envie de te porter pour autant, et c'est un peu insultant pour ceux qui ont conçu un miracle de t'envoyer dans un foyer où l'on voudra bien de toi...
Et à tout ça, on pourrait encore dénombrer un millier d'autres classifications, ceux qu'on a payé cher, qu'on met pu mais que ça nous écoeure de s'en débarrasser pour que quelqu'un d'autre porte gratuitement un truc qui vaut un bras et une jambe ou un slip de paie au complet, ceux qu'on pense garder pour peinturer, mais qu'on est tellement sans dessein/insouciant qu'on met finalement du linge de tous les jours [qu'on tache accidentellement, évidemment] pour effectuer les travaux de pinceaux, ceux qui seraient susceptibles de nous plaire dans 3 ans, ou de revenir à la mode 3 générations plus tard, ceux qui sont cliniquement 'scraps' mais dont on ne peut se départir....
Et puis, finalement, il y a cette minorité, ces vêtements dont je suis régulièrement parée, ceux qui, dans le fond, n'ont jamais vraiment l'occasion de rester bien longtemps sur un cintre, à l'abri de la lumière...
Ah!... Eh que c'est pas drôle un garde-robe..!